La différence entre l’hypersensibilité et l’hyperémotivité

Les termes hypersensibilité et hyperémotivité sont fréquemment utilisés de manière interchangeable, mais ils décrivent en réalité deux expériences émotionnelles bien distinctes. L’hypersensibilité se réfère à une perception sensorielle et émotionnelle intensifiée, tandis que l’hyperémotivité concerne des réactions émotionnelles particulièrement vives et souvent soudaines. Ces deux traits, bien qu’étroitement liés, influencent différemment la vie quotidienne et nécessitent des approches adaptées pour être compris et mieux vécus. À travers cet article, nous examinerons les différences fondamentales entre ces deux états, ainsi que leurs implications sur le plan personnel, social et professionnel.

Qu’est-ce que l’hypersensibilité ?

L’hypersensibilité se caractérise par une réceptivité accrue aux stimuli de toutes sortes, qu’ils soient sensoriels ou émotionnels. Les personnes hypersensibles ressentent intensément les variations d’ambiance, de lumière ou de son, mais également les émotions des autres. Ce trait, identifié et décrit par la psychologue Elaine N. Aron, concernerait environ 20 % de la population mondiale. Ces individus se distinguent par leur capacité à percevoir des nuances que d’autres pourraient ignorer. Par exemple, une atmosphère tendue dans une pièce peut immédiatement générer un sentiment de malaise profond chez une personne hypersensible. Cette capacité à détecter les subtilités est souvent associée à une forte empathie, ce qui peut les rendre précieuses dans des contextes relationnels ou professionnels. Toutefois, cette perception amplifiée présente aussi des défis : dans un environnement bruyant ou chaotique, la surcharge sensorielle peut entraîner une fatigue émotionnelle rapide et un besoin accru de solitude pour récupérer.

VS l’hyperémotivité

L’hyperémotivité, en revanche, se manifeste principalement par des réponses émotionnelles intenses et rapides. Une personne hyperémotive peut éclater en larmes ou se mettre en colère de façon soudaine face à des situations qui sembleraient mineures à d’autres. Ce type de réactivité est souvent perçu comme imprévisible par l’entourage, ce qui peut entraîner des malentendus ou des tensions relationnelles. Selon certaines études, environ 8 % des individus éprouvent des difficultés à réguler leurs émotions de manière adéquate. Contrairement à l’hypersensibilité, qui est davantage liée à la manière dont on perçoit les stimuli, l’hyperémotivité est ancrée dans la manière dont on y réagit. Cela signifie que même un événement apparemment anodin peut déclencher une réponse émotionnelle disproportionnée, rendant parfois difficile la gestion de relations personnelles ou professionnelles. Sur le plan physique, l’hyperémotivité peut aussi s’accompagner de symptômes tels que des palpitations, des tremblements ou une sensation de boule dans la gorge, augmentant la sensation de perte de contrôle.

Les différences entre hypersensibilité et hyperémotivité

Malgré leurs similarités apparentes, hypersensibilité et hyperémotivité diffèrent sur plusieurs aspects essentiels. La première concerne principalement la perception, la manière dont une personne capte et ressent les stimuli. La seconde, en revanche, est davantage liée à la réponse émotionnelle, souvent immédiate et parfois difficile à contenir. Les recherches montrent que les hypersensibles ne réagissent pas nécessairement de manière exagérée à chaque situation émotionnelle, mais ils peuvent être submergés par le simple fait de ressentir intensément leur environnement. Les hyperémotifs, en revanche, réagissent de façon plus explosive, même si leur perception initiale de la situation est moins intense. Ces distinctions influencent également la manière dont ces traits sont perçus par l’entourage : l’hypersensibilité est souvent vue comme une qualité, voire une forme de sensibilité artistique ou relationnelle, tandis que l’hyperémotivité peut être perçue comme une faiblesse ou un manque de maîtrise de soi.

L’impact de ces deux émotions dans la vie quotidienne

Dans la sphère professionnelle, l’hypersensibilité peut être une bénédiction ou une malédiction. Les personnes hypersensibles apportent une écoute attentive et une compréhension fine des dynamiques interpersonnelles, ce qui peut s’avérer précieux dans les métiers de la communication, du conseil ou de la création artistique. Cependant, l’exposition prolongée à des environnements très stimulants, comme les open spaces ou les réunions conflictuelles, peut rapidement les épuiser. L’hyperémotivité, quant à elle, pose un autre type de défi : des réactions émotionnelles intenses dans un cadre professionnel peuvent être mal interprétées, voire stigmatisées. Les hyperémotifs risquent d’être perçus comme peu fiables ou difficilement gérables par leurs collègues, ce qui peut entraver leur progression professionnelle. Néanmoins, ces mêmes traits, lorsqu’ils sont bien compris et encadrés, peuvent conduire à une meilleure authenticité et à des relations professionnelles plus sincères.

Le rôle des réseaux sociaux

Les réseaux sociaux jouent un rôle amplificateur pour ces traits émotionnels. D’un côté, ils permettent aux personnes hypersensibles et hyperémotives de trouver des communautés et des ressources qui les aident à se sentir moins isolées. Par exemple, de nombreux comptes Instagram et groupes Facebook sont dédiés à ces thématiques, offrant conseils, témoignages et soutien. Cependant, ils peuvent aussi exacerber certaines réactions : une simple publication ou commentaire peut déclencher des réponses émotionnelles disproportionnées, et la surabondance d’informations peut surcharger les personnes déjà hypersensibles. En conséquence, les réseaux sociaux agissent comme un catalyseur, renforçant à la fois les avantages et les défis de ces traits.

Des solutions pour mieux gérer l’hypersensibilité et l’hyperémotivité

Il existe des stratégies spécifiques pour mieux vivre avec ces traits émotionnels. Pour les hypersensibles, la méditation, la pleine conscience et la sophrologie sont des approches efficaces pour réduire l’anxiété et mieux gérer la surcharge sensorielle. Ces techniques permettent de cultiver une meilleure gestion des émotions en calmant l’esprit et en améliorant la résilience face aux stimuli extérieurs. Pour les hyperémotifs, les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) sont souvent recommandées. Elles aident à identifier les schémas de pensée qui déclenchent des réactions excessives, à modifier ces schémas et à adopter des réponses émotionnelles plus mesurées. De plus, la tenue d’un journal émotionnel ou le recours à des exercices de respiration profonde peuvent offrir un soulagement immédiat en cas de montée émotionnelle.

Hypersensibilité et hyperémotivité ne sont ni des faiblesses ni des défauts, mais des manières singulières de vivre et de ressentir le monde. Comprendre leurs différences est la première étape pour les accepter et les gérer. En explorant ces distinctions, nous pouvons non seulement mieux vivre avec ces traits, mais aussi favoriser un environnement social et professionnel plus inclusif et compréhensif.

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Écrit par Laure ROUSSELET

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